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Baromètre du développement local des services publics numériques

18 février 2016

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Préambule

La transformation numérique des organisations, qu’elles soient issues de la sphère privée ou publique, présente aujourd’hui des enjeux considérables sur les plans économique, humain et sociétal.

Nous sommes donc ravis d’avoir répondu à l’invitation de collaboration de Villes Internet pour analyser et donner du sens à cette mine d’information que constitue l’ATLAAS, recueil de plus de 10 000 initiatives numériques portées par les collectivités. Nous espérons que ce travail et cette première édition du Baromètre du développement local des services publics numériques constituera un outil utile, opérationnel pour guider les équipes municipales dans leurs priorités d’action et d’investissements nécessaires à la réussite de leur transformation numérique.

 

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Synthèse de l’étude

L’analyse détaillée des services numériques développés par les collectivités révèle certaines tendances de fond.

Ainsi, les communes investissent prioritairement quatre domaines lorsqu’il s’agit de développer des services numériques.

En premier lieu, et ceci relève d’un certain bon sens, plus d’un quart des initiatives mises en œuvre par les collectivités relèvent de la facilitation de l’accès au numérique pour leur population. Il s’agit de dispositifs d’initiation et de formation aux outils numériques (ateliers thématiques), de développement d’espaces publics numériques, de mise à disposition d’équipements en libre-service et d’infrastructures (wifi, haut débit) nécessaires à l’appropriation des services numériques.

Le champ de la communication publique est également priorisé par les communes (18,5% des services numériques mis en place). Historiquement il s’agissait de mettre en place des sites internet institutionnels que viennent aujourd’hui compléter de nouveaux canaux d’informations (applications communes, flux RSS, flashcodes, pages facebook, compte twitter). Ces dispositifs permettent de passer d’une logique de communication descendante vers une logique de concertation, d’échange au service d’une démocratie locale plus dynamique.

L’action culturelle des communes constitue également un axe propice aux développements de services numériques pour les communes (15,5% des services numériques). Ainsi, au travers de blogs, d’applications dédiées, de « bibliothèques numériques », ou « d’exposition culturelles en ligne », etc… ; les communes misent sur le numérique pour faciliter l’accès de leur population à leur patrimoine, à leurs archives et aux manifestations culturelles qu’elles soutiennent.

Enfin, en écho à une orientation politique nationale, les communes se mobilisent fortement pour développer des services numériques au sein des établissements scolaires relevant de leur compétence (12% des actions numériques). Ainsi, si le soutien à l’équipement des établissements s’intensifie (ordinateurs, tablettes, tableaux blancs numériques, internet haut débit, logiciels, classes mobiles) les communes ne s’y limitent pas. Elles développent aussi des services numériques facilitant les inscriptions (aux écoles, aux services périscolaires (TAPS, cantine) et l’accès à l’information scolaire et périscolaire (menus en lignes, Espaces Numériques de Travail…).

 

Une synthèse régionale fait apparaître que le poids démographique des régions se traduit dans la richesse des services numériques. En effet, la région Ile de France concentre 22% de l’ensemble des actions recensées, la région Rhône – Alpes – Auvergne 15,5% tandis que 13% des actions numériques déclarées proviennent de la région Nord-Pas de Calais Picardie.

 

De même, il existe une corrélation étroite entre le poids démographique d’une commune et le nombre de services numériques qu’elle propose à sa population, plus la population est importante, plus les services numériques sont nombreux. La  taille des communes n’influe pas sur la nature des compétences que les communes priorisent du point de vue des investissements numériques.

La ruralité d’une commune semble en revanche influer négativement sur sa volonté de développer des services numériques puisqu’elles développent proportionnellement moins de services numérique que les communes à dominante urbaine.

L’âge moyen des habitants d’une commune n’influe ni sur les priorités d’investissements au regard des compétences communales, ni sur l’intensité de cet investissement. En revanche, la proportion de retraités dans une commune tend à inciter les communes à investir davantage des services numériques liés à la compétence culturelle et au tourisme au détriment de la communication en ligne et de l’action sociale par rapport aux communes où vit une forte proportion d’actif. Parfois, ces critères vont aussi influer sur la nature des services investis au sein d’une même compétence. Par exemple, les communes où la population est majoritairement jeune s’intéressent davantage au développement d’applications mobiles liées au transport que les autres communes, tandis que les communes dont la population est majoritairement active investissent plutôt sur des plateformes de covoiturage.

L’analyse des services numériques développés par les communes tend à mettre en évidence que le revenu moyen des habitants d’une commune influe à la fois sur le nombre de services développés et sur la nature des actions numériques mis en œuvre par les communes. Plus le revenu moyen des habitants d’une commune est faible, plus le nombre de services numériques à leur disposition tend à être élevé. Concernant la nature des actions, pour le domaine emploi et formation professionnelle par exemple, les communes où le revenu moyen est plus faible vont privilégier des actions d’accompagnement terrain (ateliers d’aide à la recherche d’emploi sur internet et de création de CV) plutôt que la dématérialisation des démarches ou de l’information en ligne.

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